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Profession de foi de Pluralisme & Qualité

3 Juin 2007 , Rédigé par Anne Lavigne Publié dans #Profession de foi

ELECTIONS AU CONSEIL NATIONAL DES UNIVERSITES – 2007
5ème SECTION – SCIENCES ECONOMIQUES
LISTES "PLURALISME ET QUALITE"
 
 
Chère Collègue, Cher Collègue,
 
Lors des dernières élections au CNU, en 2003, les listes Pluralisme et Qualité sont arrivées en première position, tous collèges confondus.Confortés par ce succès, nous soumettons à nouveau à votre suffrage, dans les deux collèges, les options qui ont gouverné notre rôle au sein du CNU. Dénuésd’appartenance partisane ou syndicale, les membres des listes Pluralisme et Qualité s'accordent sur plusieurs principes dans la gestion des carrières dont le CNU a la charge, et à propos de la place qu’occupent les enseignants-chercheurs en économie dans l’Université française.
 
Le premier principe est le respect du pluralisme et la promotion de la qualité de la recherche dans notre discipline. Très attachés à la qualité scientifique des publications, nous considérons qu’au-delà des différences d’approches, de méthodes, de champs, il est crucial que soit encouragée l’originalité scientifique et que se développent les recherches permettant d’éclairer les défis qui touchent l’économie et la société. Les divergences d’approches et de méthodes, non seulement sont inhérentes à notre discipline, mais plus encore se révèlent, par nature, enrichissantes. Ce pluralisme doit conduire à juger les recherches, et donc les candidats à la qualification, au recrutement et à la promotion, en respectant la diversité des choix analytiques et méthodologiques, sans a priori, ni exclusive, et en fonction de leur reconnaissance par la communauté scientifique, nationale et internationale. Cela exige la prise en compte des publications dans les revues à comité de lecture, nationales et internationales, mais aussi les ouvrages, en privilégiant la qualité et l’originalité scientifiques, ainsi que la pertinence, théorique ou empirique, des recherches menées. Refusant une utilisation exclusive et comptable des instruments bibliométriques (recension EconLit et classement CNRS), les élus Pluralisme et Qualité s'engagent à lire les travaux qui leur seront soumis afin de fournir une évaluation de leur originalité et de leur apport.
 
Le deuxième concerne la profession d'enseignant-chercheur. Les élus Pluralisme et Qualité ont constamment réaffirmé combien il était important, pour l’avenir et l’expansion de notre discipline dans l’Université, que tous les enseignants-chercheurs, professeurs et maîtres de conférences, assument la plénitude de leurs fonctions : en premier lieu la recherche, mais aussi l’enseignement dans l'ensemble du dispositif LMD, y compris dans les filières professionnalisées, sans négliger les responsabilités collectives. Bien évidemment, ces différentes dimensions peuvent se répartir tout au long d’une carrière, mais il est indispensable que les promotions, et les recrutements des professeurs par la voie du second concours d'agrégation et par celle de la voie longue, bénéficient aux candidats qui ont accepté d’assurer l’ensemble des missions attachées à nos fonctions. En effet, l’une des premières formes de valorisation de la recherche est l’enseignement au sein des universités. L'évolution de la qualité des publics étudiants, couplée au développement des nouvelles technologies de l'information et de la communication, a contraint l'ensemble des universitaires à rénover leurs pratiques pédagogiques, investissement insuffisamment valorisé dans les recrutements et les promotions lors des précédentes mandatures.
 
 Le troisième principe s'attache au fonctionnement du CNU. Les élus Pluralisme et Qualité ont réussi à faire partager à l’ensemble de la 5èmeSection du CNU un souci de diversité des critères d’appréciation, d’équité et de transparence. Si une grille d’évaluation des dossiers a été définie en combinant plusieurs volets, la production scientifique d’abord, mais aussi l’ensemble des responsabilités collectives dans le domaine de l’administration, de l’enseignement, de la recherche et de l’encadrement doctoral, on constate que la pondération des responsabilités collectives va décroissant au cours du temps. Conscients de la dérive qui conduit les économistes universitaires à ne maximiser que leur production scientifique personnelle, au détriment de leur implication dans les fonctions d'enseignement et de direction de recherche, les élus Pluralisme et Qualité entendent redonner à ces responsabilités collectives tout leur poids dans l'évaluation des carrières. Enfin, les élus Pluralisme et Qualité s'engagent à ne pas poser leur candidature à une promotion évaluée par le CNU pendant l'exercice de leur mandat, et à ne jamais voter en faveur de la promotion d'un membre siégeant au CNU. Lors de la première réunion du Conseil, ils demanderont que soit soumise au vote la proposition de maintenir le refus de toute auto-promotion des membres siégeant au CNU.
 
 Au cours des quatre prochaines années, ces principes seront à nouveau défendus par les élus Pluralisme et Qualité qui se battront pour les faire prévaloir. Si le nouveau CNU devait revenir sur le refus de l'auto-promotion, les élus Pluralisme et Qualité respecteraient leur engagement initial.
 
L'élection au CNU doit être le moment de nous interroger, collectivement, sur notre discipline. L’évolution particulièrement défavorable des effectifs d’étudiants en sciences économiques, à l’inverse de ce qui a été observé dans d’autres sciences sociales, notamment en gestion, ne manque pas d’inquiéter. La décrue des effectifs enregistrée dans la dernière décennie explique la chute des publications de postes d’enseignants-chercheurs en sciences économiques : après avoir été reporté pendant cinq ans, le second concours d'agrégation n'a pourvu que 12 postes en 2007, et les premiers concours d’agrégation, en 2004 et 2006, n’ont offert, respectivement, que15 et 23 postes, contre 33 lors des deux concours précédents. Le nombre de postes de maîtres de conférences publiés au recrutement et à la mutation est désormais de l’ordre de 60, contre 130 à la fin des années 1990. Si la très grande qualité des jeunes docteurs doit écarter toute attitude malthusienne ex ante en matière de qualification aux fonctions de maître de conférences par le CNU, cette conjoncture interdit à d’excellents jeunes économistes l’accès à une carrière universitaire en France. Cette situation est grave, et doit nous conduire à réfléchir ensemble sur l’avenir de notre profession, ses contours, sur une profonde recomposition de nos formations, mais aussi sur la faiblesse de nos taux d’encadrement ou sur les types de thèses proposées aux doctorants. Car la place éminente qu’occupait notre discipline dans l’Université est aujourd’hui menacée, en particulier par l’essor des sciences de gestion.
 
Seule instance nationale représentative de l’ensemble des professeurs et des maîtres de conférences en sciences économiques, composé de membres élus et nommés reflétant la diversité des courants et des conceptions de l’enseignement et de la recherche, réunissant des collègues appartenant à des universités de tailles très différentes, la 5èmeSection du CNU ne doit pas hésiter à s’exprimer collectivement sur toutes ces questions et, donc, sur le devenir des sciences économiques à l’Université, auprès du Ministère, du CNRS ou de la Conférence des Présidents d’Universités.
 
Notre candidature sur la liste Pluralisme et Qualité découle de la perception très vive, liée à nos fonctions, de l’importance de l’affirmation de tels principes et de notre volonté d’agir afin d’assurer la défense de notre discipline au sein de l’Université. Il en va de l’avenir de notre profession.
 
Si notre démarche suscite votre adhésion, nous espérons recueillir votre suffrage.
 
Croyez, Chère Collègue, Cher Collègue, à l’expression de nos sentiments dévoués.
 

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