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Qualifications aux fonctions de professeur (article 46-3)

7 Juillet 2007 , Rédigé par Anne Lavigne Publié dans #Qualifications

La section 5 du CNU (collège professeurs) s'est réunie le jeudi 5 juillet 2007 pour se prononcer sur la qualification aux fonctions de professeur des universités (procédure dite "voie longue" ou "article 46-3"). Quatre postes étaient publiés pour les universités suivantes : Orléans, Perpignan, Rennes 2, Tours. Les commissions de spécialistes de ces établissements ont classé au total 9 candidats, dont les dossiers ont été examinés par le CNU. Ont été qualifiés : Faridah Djellal, Cem Ertur, et Olivier Biencourt.

Pour deux établissements, la décision du CNU a conduit à qualifier des candidats moins bien classés par la commission de spécialistes. Les candidats classés premiers, comme c'est souvent le cas pour le recrutement dit "voie longue", sont des maîtres de conférences ayant eu une implication locale exemplaire et significative, même si leur dossier scientifique n'est pas de qualité équivalente à ceux qu'on peut observer chez les lauréats des concours d'agrégation. 

Au-delà des positions de principe ("il faut que soit valorisé l'ensemble des missions des enseignants : recherche, enseignement, valorisation, animation") partagées au moins publiquement par l'ensemble des membres du CNU, il serait temps que ces bonnes intentions se traduisent par des décisions en accord. A mettre un poids considérable sur la recherche (plus précisément sur une quantification de la recherche) dans l'éventail des missions des enseignants-chercheurs, on risque de démotiver tous les maîtres de conférences à prendre en charge des tâches collectives (direction de master, de département, d'équipe de recherche), voire à assurer des enseignements de qualité (voir cet article paru dans Libération, et une réponse à cet article). De nombreux maîtres de conférences, par ailleurs habilités à diriger des recherches, assument les mêmes missions que les professeurs, voire même ont une implication supérieure dans ces missions, tant il est vrai que certains agrégés précoces abandonnent rapidement toutes les missions qu'ils devraient assurer : non seulement, ces agrégés ne produisent plus aucune contribution scientifique, sans qu'ils en soient sanctionnés, mais ils ne prennent qu'une part très modeste dans les activités d'intérêt collectif.

Limiter l'accès au corps des professeurs sur des critères exclusivement fondés sur un nombre requis (d'ailleurs non explicite) de publications, c'est condamner à une carrière bien peu attractive des maîtres de conférences très précieux pour le fonctionnement de nos filières d'enseignement et pour l'animation locale de la recherche. Il est à craindre un tarissement des vocations pour le métier d'enseignant-chercheur en sciences économiques, et à plus long terme, l'extinction de notre discipline, au profit de filières perçues comme plus et mieux professionnalisantes, comme la gestion. Est-ce cela que nous voulons ?

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