"Pluralisme et qualité" regroupe des chercheurs et enseignants-chercheurs en sciences économiques, qui partagent le même respect du pluralisme des approches en économie, tant par la diversité des
approches que des méthodes. "Pluralisme et qualité" est représentée au Comité National de la
Recherche Scientifique, et au CNU.
Le site fournit des informations sur l'enseignement supérieur et la recherche en économie en France (recrutement, gestion des carrières, évaluation de la recherche, contenu des
enseignements...).
Les commentaires sont modérés a priori. La publicité incrustée sur ce blog n'est pas souhaitée, mais imposée par over-blog. Aucune recette de quelque nature que ce soit n'est perçue par
les auteurs de ce blog.
Je relaie un manifeste dont j'ai été saisie. Si je n'en partage pas tous les termes, il me semble digne
d'intérêt.
Manifeste « Tous à l’Agrégation ! »
Comment transformer une parodie d’examen en l’examen d’une parodie ?
Le constat
En sciences économiques (section 05) comme en droit, en sciences politiques ou en gestion, une des voies de passage de maître de conférences à professeur est le concours national d’agrégation qui a lieu tous les deux ans. Cette voie promotionnelle majeure est épisodiquement complétée par d’autres : l’agrégation dite « interne », ouverte aux maîtres de conférences déjà en poste, et l’ouverture de postes en 46.3 (dite « voie longue »).
Le concours d’agrégation interne n’a pas été ouvert cette année. Le dernier concours interne a été organisé en 2005-2006 et l'avant dernier en 2000) … le passage par cette voie au statut de professeur est donc largement fermé.
Pour les recalés à l’agrégation externe, la seule perspective promotionnelle reste donc le passage par
la voie longue. Justement cette année, les universités ont fait 19 demandes au titre du 46.3 pour la
seule section 05, mais 2 seulement ont été accordées par le ministère ! Autant considérer que cette
voie longue est de facto
quasiment fermée aux maîtres de conférences en sciences économiques.
Seule véritable voie d’accès au statut de professeur donc, le concours d’agrégation externe pose de nombreux problèmes.
1er problème : l’âge moyen des
lauréats est bas, aux alentours de 34 ans (Linnemer et Perrot, 2004). Cela signifie qu’en sciences économiques, le concours
d’agrégation n’est pas une promotion dans la carrière des maîtres de conférences. Il produit plutôt deux types de carrières parallèles : d’un côté de
jeunes chercheurs qui passent rapidement professeurs par le concours, et de l’autre, des maitres de
conférences qui n’ont pour seule perspective que… de rester maitre de conférences.
2ème problème : les critères sur lesquels se détermine le jury sont des critères (étroits) exclusivement liés à une certaine forme de recherche. Aucune attention n’est portée aux charges administratives et pédagogiques des candidats.
3ème problème : les jurys sont partiaux car les liens institutionnels tissés par les candidats avec un des membres du jury sont un élément déterminant dans la réussite au concours, doublant quasiment les chances de réussite (Linnemer et Perrot, 2004).
4ème problème : les jurys sont aussi partiaux parce qu’ils ne respectent aucunement la pluralité des courants de recherche en sciences économiques. Les recherches en dehors du mainstream sont quasi rédhibitoires à l’obtention du concours.
5ème problème: le concours d'agrégation est une spécificité de quelques sections CNU peu nombreuses (sections 1 à 6) qui crée de fait des inégalités au sein de la profession.
C’est la raison pour laquelle nous vous invitons à signer le manifeste suivant et à vous inscrire au concours cette année.
Le Manifeste
Le concours de l’agrégation en sciences économiques de l’enseignement supérieur remplit une triple
fonction (politique, sociale et managériale) qu’il est temps de renverser.
Du point de vue politique, ce concours n’a jamais servi à distinguer une élite
d’économistes éclairés dont les compétences remarquables se seraient situées au-delà du lot commun des maîtres de Conférences. On s’en serait rendu compte. La conséquence la plus patente de ce système est plutôt la constitution d’une caste d’élus dont le principe de solidarité est finalement la gratification en réseau. Où sont (qui sont) les Professeurs agrégés d’économie qui ont dénoncé à temps les crédits subprimes et leur titrisation, le rôle trouble des
agences de notation et des autorités de marché, la montée en puissance des fonds spéculatifs, l’envolée
des prix des matières premières et les émeutes de la faim, la dictature de la finance sur l’industrie
et les services, le mal-être généralisé au travail, la recherche aveugle du profit qui a généré les cancers de l’amiante,
l’agriculture intensive qui a provoqué la disparition de la mer d’Aral et empoisonne toutes nos ressources en eau, les
stratégies des groupes pétroliers qui ont transformé notre planète en chaudron et les États pétroliers en cliques profiteuses, la mise en concurrence de tous les travailleurs des pays développés avec les armées de réserve des pays asiatiques (sans règles sociales ni environnementales) en aggravant ici le chômage et la misère, et là bas la misère… et le chômage ? Où sont-ils ? Qui sont-ils ? Il en existe certes quelques-uns, et parfois ils sont rayonnants et heureusement mais leur nombre ne fait que signaler l’imperfection de tout système de sélection.
Du point de vue social, le concours de l’agrégation a surtout servi d’exutoire à l’absence de toute perspective de rémunération décente offerte à la quasi-totalité des enseignants chercheurs (en économie comme ailleurs). Les Professeurs qui assument leurs responsabilités administrative tout en faisant vivre le collectif universitaire existent mais sont beaucoup trop rares. En favorisant une aristocratie universitaire dont la seule distinction sensible est finalement l’indice qui sert à calculer leur fiche de paie, il garantit ce savant équilibre (psychologique plus qu’économique) qui impose aux uns de cultiver bravement leur sens inné de l’humilité, et aux autres le sens acquis de leur élection. D’autres formes d’équilibre sont possibles (à l’autre pôle on peut imaginer un corps unique d’enseignants chercheurs présentant des formules d’avancement plus ou moins rapides).
Du point de vue managérial, ce
concours n’accorde aucune importance à l’investissement des enseignants-chercheurs dans les fonctions collectives : direction de
filières d’enseignement, ingénierie de formation, promotion des établissements, encadrement des étudiants, prises de
responsabilités institutionnelles (comités de sélection, Conseils d’UFR, Conseils d’administration, CEVU, Conseil scientifique, direction de Labo, animation et direction des formations et des écoles doctorales, participation aux équipes dirigeantes de l’Université…). Le concours d’agrégation du supérieur aurait dû faire les frais de la loi LRU. Mais il a été réintroduit in
extremis au mois de juillet 2007 lors de l’écriture de la seconde mouture de cette loi dite « LRU » : où l’on voit que quelques coups de téléphone passés par quelques uns valent infiniment plus que des mois de mouvement unitaire pour tenter de sauver l’Université. Ceux-là ont obtenu en une semaine ce que personne d’autre qu’eux ne réclamait. On rejoint in
fine le point de vue politique…
Nous avons souligné l’imperfection de ce système de sélection. Notre dernier espoir est de parier sur l’erreur. Alors parions massivement. Présentons nous en nombre à l’Agrégation ! Pas un seul Maître de Conférences sur le carreau. Arrêtons l’auto-censure. Quel que soit notre âge, quel que soit notre genre, quel que soit notre domaine de recherche, quelle que soit notre province, défendons nos recherches.
En nous présentant en nombre à l’Agrégation, nous encombrerons le concours, dénoncerons l’absence d’opportunité de carrière, et alerterons sur le malaise des maitres de conférences. Et revendiquons ce faisant:
- une égalité de traitement par rapport aux collègues de toutes les autres disciplines
- ou au pire un rééquilibrage des voies promotionnelles entre voie longue et agrégation associé au pluralisme des jurys d'agrégation
Formules de signature :
1. Je signe le manifeste et m'engage à me présenter à l'épreuve d'admissibilité de l'agrégation dès lors que l’assurance me sera donnée que plus de 100 collègues auront signé ce manifeste.
2. Je signe le manifeste mais sans me présenter à l'agrégation. Ceci est une signature de soutien.
Référence :
Linnemer, Perrot (2004), « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le concours d'agrégation
de sciences économique s », Revue Economique 2004/2.
La liste des candidats admissibles au premier concours d'agrégation de sciences économiques est disponible ici.
La liste des candidats sous-admissibles au premier concours d'agrégation de sciences économiques est disponible ici.
Le règlement du concours d'agrégation, ainsi que le calendrier de la première épreuve, sont disponibles sur le site du Ministère.
La liste des candidats aux premiers concours d'agrégation (droit public, histoire du droit, sciences économiques) est accessible à cette adresse.
L'arrêté du 11 juillet 2007 portant nomination des membres du jury du premier concours national d'agrégation de
l'enseignement supérieur pour le recrutement de professeurs des universités dans les disciplines juridiques, politiques, économiques et de gestion, en sciences économiques pour l'année 2007 est
paru au Journal officiel du 4 septembre.
Les membres du jury sont :
M. Louis Levy-Garboua, professeur à l'université Paris-I, président du jury.
M. Michel Beine, professeur à l'université du Luxembourg.
M. Patrick Fève, professeur à l'université Toulouse-I.
M. Claude Fluet, professeur à l'université du Québec à Montréal.
M. François Gardes, professeur à l'université Paris-I.
M. Pierre Malgrange, directeur de recherche au CNRS.
Mme Michelle Riboud, directrice de département à la Banque mondiale (Washington).
| Novembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | ||||||||||
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | ||||
| 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | ||||
| 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | ||||
| 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | ||||
| 30 | ||||||||||
|
||||||||||
Commentaires Récents